« La pause est finie, le travail doit reprendre. » #FeVi2019

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On dit que la première impression est toujours la bonne.

Ma première impression de la Fête des Vignerons, assis dans l’arène à attendre que le spectacle commence: les vidéos des partenaires principaux. « Ils rendent la fête possible. » BCV, Nestlé, Sécuritas, Tissot, SWISS, etc. Je m’attends à un spectacle qui célèbre la beauté et la simplicité de la vie locale, mais c’est La Suisse qui m’accueille, elle me parle en « je ». Elle me rappelle discrètement ses plus grands attributs: argent, sécurité, compétences, luxe.

Puis le spectacle m’emporte, m’émeut. Il me raconte la profonde richesse du lien à la Terre quand on est à son écoute. Je rêve de traverser les étapes de la vie en dansant joyeusement, comme la petite Julie, guidée par la libellule, servie par les étourneaux, en harmonie avec le passé et le futur, la vigueur et la faiblesse. J’y aspire: ma vie devrait être une danse !

Mais la première impression reste: le rêve n’est possible que grâce à la générosité des partenaires, qui nous attendent au bureau lundi à 8h.

On s’est débarrassé des dieux d’apparat: ceux de la mystique chrétienne de 1977, ceux de la mythologie grecque de 1999. « Merci aux dieux qui se sont laissés écarter », nous dit un Docteur. Ils n’ont pas opposés de résistance, ces dieux faisaient partie du décor, qu’on démonte après la fête. Mais le véritable dieu de la suisse, celui de la croissance et du profit, règne toujours sur nous. Il nous bénit gracieusement par un spectacle lumineux pendant l’été — pour mieux nous vendanger et nous presser à la rentrée, et la Terre avec nous.

« La pause est finie, le travail doit reprendre », dit encore le Docteur.

Je vous laisse, je dois retourner bosser.

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3 commentaires

  • Zut! Si seulement j’étais arrivé plus tôt j’aurai vu le ballet des sponsors! C’était la clé qui me manquait pour décrypter le spectacle comme tu le fais si bien… Je viendrai en avance dans 25 ans du coup!

    Et en tout cas, merci de ta réaction. Je n’ai pas trop cru à cette banalisation de l’évacuation spirituelle, mais plutôt par ce que ça enlevait comme incarnation. Mais bon, le spectacle était beau, donc tout va bien. Un petit côté opium du peuple peut-être, mais là, ça ouvre un autre débat.

  • Merci pour ce commentaire de la Fête des Vignerons exprimé avec tant de sensibilité….oui et maintenant il faut faire les comptes…mais personnellement je veux garder bien au fond de mon âme les super moments que j’ai passé en regardant ce magnifique spectacle de l’été. Pour moi c’est probablement la dernière fois que j’y assisterai et pour rien au monde j’aurai voulu manqué d’y aller.

  • J’ai comme Olivier été peinée que toute allusion à Dieu et même ses serviteurs aie été écartée. Pourtant, ce sont des moines cisterciens qui ont bâti les belles terrasses du Lavaux au XIIe siècle et plusieurs mariages étaient mis en scène. Seuls les vitraux de l’église St-Martin projetés sur écran géant ont laissé apercevoir ce saint déchirant son manteau couleur pourpre. Cette absence est-elle symptomatique de notre temps ? ? ?

    Si Saint-Martin partageait son manteau avec un misérable au IVe siècle, à la Fête des Vignerons 2020, on partage tout de même ses émotions entre générations, entre spectateurs et figurants. On sentait la joie de la Fête ! En ce qui me concerne, je veux me souvenir de l’atmosphère festive, des costumes colorés et des rencontres faites – tout en espérant que la prochaine fois, ce sera organisé dans un esprit plus fraternel, à des prix accessibles à tous !

    Monique

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