Holygames: le mythe fondateur

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Je vous ai parlé de ma récente métamorphose ministérielle qui consiste en gros en ceci: laisser mes passions et mes besoins nourrir mon ministère. Voici une illustration concrète de ceci. Plus précisément, cette expérience a contribué à la métamorphose, et m’a aidé à en prendre conscience.

Voici donc le récit de la naissance de l’association Holygames, et du premier week‐end de jeux de société et spiritualité, en novembre 2018.

Élaboration

Avec des amis, 3 familles formidables, on avait envie d’organiser un week‐end. On est passionnément chrétiens, et passionnés de jeux de société. Mais comme on était tous très fatigués par nos vies, on s’est dit: et si au lieu de faire un week‐end comme-on-les-fait-d’habitude™, on part de nos besoins et nos passions, et on se fait notre week‐end de rêve?

Quel serait notre week‐end de rêve? Et bien pour nous, il doit y avoir:

  • Des jeux de sociétés
  • Des moments de partage autour de l’Évangile
  • Du temps libre, beaucoup de temps libre
  • Des moments où nos enfants sont pris en charge pour avoir un peu la paix

Et sur la base de ceci, on a crée Holygames, une association à but non‐lucratif qui vise à:

  • Vivre des temps d’amitié et de rencontre autour du jeu de société
  • Proposer un cadre amical pour partager des temps spirituels
  • Explorer les liens entre le jeu et la spiritualité

Et dans le cadre de Holygames on a organisé le premier week‐end. Vous trouverez sur ce lien des informations sur le déroulement du week‐end, le type d’activités proposées, etc.

Le concept du week‐end un peu plus en détail

  • Un hôtel confortable, qui nous fait un prix de groupe, et qui s’occupe donc pour nous des inscriptions, paiements, logement, nourriture, nettoyage. Et toc, remonte ton slibar, Lauthar!
  • Une salle pleine de jeux de société, amenés par les participants. À tout moment du jour ou de la nuit, on pouvait s’y retrouver pour commencer une partie avec les gens qui s’y trouvent.
  • Des repas pris en commun dans le restaurant de l’hôtel, en buffet.
  • Un petit troupeau de jeunes qui organise magistralement des activités pour les enfants: 3 fois 3 heures pour 3 tranches d’âges: les p’tit nains, les hobbits et les elfes.
  • Une petite sélection d’activités spirituelles proposées. Des activités qui nous font plaisir à nous:
    • un atelier sur le Seigneur des Anneaux et la foi
    • une prière de Taizé
    • un jeu de rôle suivi d’une discussion sur l’usage de la violence comme moyen de résolution de conflit
    • un culte ludique déguisé avec composition spontanée d’un chant de manière partiellement aléatoire
  • Pas de programme: les choses sont annoncées, les gens sont libres. Totalement.

Le résultat

On s’est dit: au pire on est juste entre nous, et on passe un super week‐end. Au mieux on est une quarantaine, et on passe un super week‐end.

Résultat, on était passé 100. Bien au delà de nos attentes. On a dû refuser des inscriptions.

Et on a passé un super week‐end.

Et on va en refaire d’autres 🙂

Réflexions

1. On est tous fait la même chose quand on est babibouchette

En y réfléchissant, ça nous paraît évident qu’une des causes de ce succès (relativement à nos attentes, s’entends), c’est qu’on a été authentique en l’organisant. On est parti de nous, nos besoins, nos rêves, nos passions. Et pas les attentes de: ce que doit être un week‐end d’église, ou ce que doit être un week‐end de jeux, ou ce genre de chose.

Et on a beau être extraordinaires et uniques, on est aussi des enfants de notre génération: on subit les mêmes pressions que nos contemporains qui sont dans des étapes de vie similaires. On a les mêmes aspirations. Les mêmes intérêts. Alors ça a beau être «nos» besoins, ça rejoint ceux de certains autres, aussi.

Note: je dis ici que cette approche était une des raisons de la réussite du week‐end. Je ne dis pas que c’est une raison nécessaire à un week‐end réussi, ni une raison suffisante. Parce que cela dépend bien sûr des critères de réussites du week‐end 🙂

2. ça fait du bien de se faire du bien

Quand on organise un week‐end dont le but principal c’est de faire plaisir aux autres, on risque de finir sur les rotules.

Quand on organise un week‐end dont le but principal c’est de se faire du bien, et qu’on tient cette ligne le long de l’organisation (ce qui n’est pas évident surtout quand on voit le nombre des inscriptions grimper en flèche), et bien on risque de se faire du bien. Et ça, c’est plutôt bien.

On est rentré ressourcés de ce week‐end, une première !

3. Venez hobbits, la route est longue

Bien sûr, ce n’était pas le week‐end parfait, et il y a plein de choses à améliorer. La principale étant la construction de la communauté.

Le concept de liberté radicale du week‐end est excellent: il nous permet de proposer les activités que l’on veut sans risquer de faire peur à ceux qui ne sont venu que pour jouer. Il permet à ceux qui sont fatigués et qui préfèrent aller se balader ou faire la sieste que rester avec du monde de le faire sans culpabiliser (y compris les organisateurs). Il permet à ceux qui ne sont venu que pour jouer de quand même peut‐être participer à un truc spi. Il nous permet à nous d’inviter des gens qu’on oserait pas inviter à un week‐end d’église parce que ça fait trop peur.

Mais le point faible est bien sûr la construction de la communauté. Oui on se rencontre aux jeux, aux repas, aux activités. Mais on a pas trop le sentiment de faire partie d’un grand truc. D’autant plus qu’il y avait d’autres groupes dans l’hôtel. Il manquait quelques moments qui rassemblent tout le groupe. À réfléchir pour la prochaine édition.

Pourquoi je vous dis tout ça?

J’espère que vous l’aurez compris, le but en disant ça c’est pas de nous la péter. Mais d’illustrer mon changement de paradigme ministériel, et de faire un partage d’expérience.

On a vécu un truc cool, certes, et on va continuer. Mais il y a des milliers de trucs cools ailleurs. Racontons‐les! On a eu une bonne idée, certes, on veut la partager. Mais il y a des milliers de bonnes idées ailleurs. Partageons‐les!

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