Hourrah ! Un pas de plus vers la libération

H

Ces jours, alors que ma femme utilise mon ordinateur pour écrire son travail de mémoire, je me retrouve coincé sur son petit portable. Je me suis fait à la taille de l’écran et du clavier, par contre revenir sous Windows était un peu pénible. Pas tant parce que Windows-c’est-nul-ca-plante-tout-le-temps. Et pas uniquement parce que j’ai fait le pari d’utiliser autant que possible des logiciels libres pour des raisons éthiques. Mais plus simplement parce que j’ai toutes mes marques avec Linux et KDE, et que changer d’environnement — c’est comme changer de chaussures — c’est toujours pénible.

En y réfléchissant, c’est pas tant les logiciels eux‐même qui m’ont manqués, puisque la plupart de ceux que j’utilise sont disponibles sous Windows (Firefox, KeePassX, Freemind, GIMP, JabRef, LibreOffice, pour citer ceux dont je me sers le plus il me semble). C’est vrai que j’aurais aimé un éditeur de texte décent comme kate, un launcher et une console — mais je n’ai pas vraiment pris le temps de chercher non plus. Ce qui m’a surtout manqué, c’est tous ces éléments dans lesquels on baigne subsidiairement, sans en avoir nécessairement conscience, et à travers lesquels on opère notre tâche focale. Ces éléments comme le tuilage des fenêtres, la manière dont le clavier et la souris réagissent (et la touche compose!), les raccourcis, l’arborescence des fichiers — tout ce qui fait me sentir chez moi, à l’aise.

La motivation derrière bien des guerres de fanboys (entre Windows, Apple et Linux; iOs et Android; etc.) n’est pas technique ou éthique, mais simplement culturelle. J’ai l’habitude d’utiliser tel environnement, quand je change je ne retrouve pas toutes mes marques, donc c’est moins bien. Du coup, je repense à Apple qui fait tout pour offrir et encourager l’utilisation d’iPads dans les écoles, Microsoft qui offre des licences dans des pays en voies de développements, etc. Tout ça au nom du progrès, de la créativité, de l’humanité. Mais ces gamins qui apprennent sur des iTrucs vont prendre toute leurs marques et habitudes dans un tel environnement, et après ne seront bien et à l’aise qu’avec le matériel qui vient de ce marchand. Sans parler de la compatibilité des données et autres verrous numériques. Comment on dit «marchand» en anglais déjà? Ah oui, «dealer».

On ne peut être dans aucune culture ni dans toutes, mais pour la culture informatique on peut au moins en choisir une qui soit respectueuse des libertés et des données, qui favorise des standards de communication, et contribue à enrichir chacun (dans un sens, le logiciel libre appartient à tous). Offrir une telle culture à notre jeunesse, c’est en plus promouvoir une économie locale, et lutter contre la pauvreté dans le monde (si si!).

Et ça, ça commence chez soi, en purgeant l’ordinateur de sa femme d’un OS privateur!
Gniark gniark!

11 commentaires

  • Si jamais, tu voulais écrire «marchand» et non «marchant» (ça, ça donne «walking» ;-).
    Sur le fond je plussoye!
    Et d’ailleurs je suis presque jaloux de ton nom de domaine 😉

    • Purgé en ordre: j’ai installé linux, quoi. C’est à dire Ubuntu. Ah non, c’est pas comme ça?

      Oui sérieusement, j’ai installé Kubuntu: je voulais voire ce que ça faisait une distribution qui «simplement marche» (j’ai toujours Arch sur mon ordi de bureau), mais KDE quand même. Et je suis assez satisfait du résultat.

      J’avais essayé KBitTex il y a longtemps, mais il était pas à la hauteur de JabRef, que je continue d’utiliser pour l’instant. Mais je vais rejeter un œil. Tu l’utilises toi?

      ++

      • J’utilise KBibTeX directement de sa version de développement, et ça me convient bien.
        Je ne sais pas quelles sont les fonctions qu’ils te manquaient, peut‐être que je ne suis pas aussi exigeant que toi.
        Pour moi c’est importer des réfs BibTeX, y lier des PDFs, et faire des recherches (basiques) dedans. Et finalement chercher directement sur Google Scholar depuis.

        Je mets en vrac tous les articles qui m’intéressent, et quand je dois m’y référer je mets juste un lien symbolique vers le fichier bib correspondant à la racine de mes documents latex.

        Tu t’y prends comment toi ?

  • Hello!

    Cool pour la libération, mais est‐ce qu’Ubuntu est vraiment libre d’ailleurs ?
    Aussi on aurait préféré un «GNU/Linux» pour ne pas froisser Mr. Stallman. Pour KDE, libre à toi, je suis plus prompt à pardonner leurs utilisateurs hérétiques depuis la sortie de Gnome3 (et autres Unity). En tout cas bravo pour le site, ajouté directement dans ma liste de lecture.

    • Salut Philippe, bienvenue !

      Non, Ubuntu n’est pas libre. Et j’utilise parfois «GNU/Linux» (par exemple dans ma dissert’), et pense être justifié de ne pas le faire tout le temps. J’avoue que ne pas froisser RMS n’est pas une de mes priorités 🙂 Contrairement à lui, je suis partisan d’une éthique de responsabilité qui se permet de penser en nuances de gris (dérive du théologien réformé), et Ubuntu est plus libre que Windows 7.

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